Prévention des chutes et équilibre chez les séniors

Données démographiques :

Au 1er janvier 2014, la France avait 66 millions d’habitants. (1)

Les habitants âgés d’au moins 65 ans représentent 18 % de la population.

Dont 9,1 % d’habitants d’au moins 75 ans .

Aujourd’hui l’espérance de vie est supérieure à 82 ans. (85,4 F et 79,2 H)

Et si l’on se réfère aux prévisions des démographes, en 2050 la pyramide des âges affichera 33% de la population française qui aura plus de 60 ans. (2)

  • C’est une révolution démographique qui s’annonce, avec 200 000 centenaires au minimum. Dix fois plus qu’aujourd’hui. (3)

Causes de mortalité en France :

Les tumeurs constituent la première cause de mortalité.

En second, les maladies de l’appareil circulatoire et les maladies cérébro-vasculaires.

Et en troisième position les accidents en tout genre. (4)

Les chutes :

Les chutes sont la première cause de mortalité, par accident de le vie courante, chez les plus de 65 ans.

  • Chaque année 9 300 personnes âgées de plus de 65 ans décèdent des suites d'une chute.
  • On estime que les trois quart des décès provoqués par chute surviennent chez les plus de 75 ans. (5)

Les chutes tuent plus que les accidents de la route. 3465 personnes ont perdu la vie en 2015 sur les routes de France, tout âge confondu. (6)

Elles ne sont pas toutes mortelles, mais peuvent entrainer des douleurs, des lésions impliquant une perte de mobilité et un sentiment de peur de «tomber à nouveau» (50 000 fractures du col du fémur sont comptabilisées chaque année)

  • Le recours aux urgences hospitalières, suite à une chute est estimé à 450 000 chez les plus de 65 ans.

Ce chiffre n’est peut être que la pointe de l’iceberg.

En sachant que de nombreuses chutes à domicile ou en institutions n’entraînent pas systématiquement une hospitalisation.

  • On estime qu’une personne sur trois de plus 65 ans fait une chute chaque année et la moitié des plus de 85 ans.

Deux fois sur trois, ces chutes surviennent au domicile.

Même en l’absence de traumatisme immédiat, l’incapacité à se relever est de mauvais pronostic. Car les complications métaboliques liées à un séjour au sol prolongé au-delà d’une heure multiplient par cinq la mortalité dans les 6 mois. (7)

  • Le vieillissement de la population contribuera donc à augmenter le nombre des chutes à l’avenir.

Les causes des chutes :

Elles ont des origines très diverses et varient en fonction des personnes.

  • Mais globalement il est possible de dégager un facteur lié au processus naturel du vieillissement : ostéoporose, arthrose, proprioception diminuée, dégradation du système vestibulaire, hypotension orthostatique, troubles cognitifs, maladies….
  • Mais aussi des facteurs comportementaux : prise médicamenteuse, dénutrition, déshydratation, manque d’exercice, peur de re-chuter, pas d’utilisation de moyens auxiliaires (canne, chaussures adaptées…)..
  • Ainsi que des facteurs environnementaux : dans le cadre du domicile (baignoire glissante, tapis, jardin mal entretenu, éclairage insuffisant, lit inadapté….) et extérieur (trottoir, entretiens inadéquate de la voirie…)

Prévention des chutes :

Il est certain qu’un certain nombre de décès sont associés à des causes « évitables ».

  • Il faut parfois agir sur l’environnement domestique, en faisant des adaptations au domicile (barres d’appui, téléalarme, suppression des tapis, des fils, éclairage adapté, …..) pour prévenir des dangers potentiels. Toutes les astuces et aménagements sont faciles à mettre en oeuvre.
  • Une modification des comportements à risque et une meilleure hygiène de vie permettraient d’en réduire sensiblement le nombre.
  • On peut agir en diminuant l’impact psychologique de la chute en apprenant à se relever du sol. L’entraînement permettra d’acquérir des automatismes. Car le meilleur moyen de savoir que faire en cas de chute, est de s’entraîner aux bons gestes avant la chute.
  • Bien évidemment la pratique d’une activité physique adaptée régulière et continue, est indispensable. Pour entretenir les fonctions d’équilibration : solliciter l’appareil vestibulaire, stimuler la proprioception, effectuer du renforcement musculaire des membres inférieurs, travailler les changements d’appuis, stimuler la vision panoramique, augmenter la capacité de concentration, de coordination, pratiquer des parcours d’équilibre, des ateliers….

Il est nécessaire aussi, de repérer les personnes à risque.

  • L’interrelation entre tous les acteurs est indispensable (famille, entourage, professionnels médicaux ou paramédicaux, sociaux, référents d’activité physique adaptée à l’âge….)

"Faisons en sorte que la chute ne soit plus une fatalité !"

Martine Lemarchand

(1)INSEE Recensement démographique

(2) «L’Atlas de la France du futur» Ed. Autrement, Benoist Simmat, 2016

(3)L’INSEE dans son hypothèse haute va même jusqu’à 380 000

(4) CépiDc Centre d’Epidémiologie sur les causes médicales de décès

(5) INPES Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé

(6) INSERN institut National de la Santé et de la Recherche Médicale

(7) INVS Institut National de Vieille Sanitaire.

0 commentaires

Périnée : Pourquoi le muscler ?

Périnée : pourquoi le muscler ?

Zone anatomique présente chez les deux sexes, essentielle et pourtant peu connue !

C'est un ensemble de muscles de l’entre-jambe, qui occupe l’espace inférieur du petit bassin. Structure de soutien des organes pelviens (intestins, rectum, vessie, utérus, prostate..), appelé aussi de fait «plancher pelvien». (voir tracé en rouge)

Ce «hamac» pelvien peut être étiré ou déchiré lors de l’accouchement.
La rééducation périnéale est maintenant presque toujours prescrite après un accouchement.
Ce plancher peut être fragilisé à la ménopause,
à cause de la baisse d’oestrogènes qui provoque un relâchement des tissus.

Certaines pratiques sportives ne sont pas tendre avec lui (sports d’impacts, poussées abdominales mal exercées..)
La constipation chronique peut aussi l’affaisser par des poussées trop violentes vers le bas.

Tout cela peut avoir pour résultat de l’incontinence urinaire (1).

Plus de 3 millions de français concernés, tout âges et sexes confondus. Phénomène lié à des descentes d’organes : le prolapsus génital .

C'est à dire la descente d’un ou plusieurs organes situés dans la cavité pelvienne. Ce phénomène concerne surtout les femmes après 45 ans et affecte principalement la vessie, l’utérus ou le rectum.

Raison de plus, pour mettre en place certaines règles de base :

- Eviter les hyper-pressions abdominales causant une pression du ventre vers l’avant et donc des organes vers le bas,

- Prendre conscience de la nécessité d’un bon positionnement du dos,
favoriser les positions étirées au niveau de la colonne vertébrale,

- Verrouiller le périnée pendant l’effort,

- Ne pas bloquer sa respiration.

Préserver et muscler notre périnée est donc une notion incontournable du bien-être, de la santé et aussi d’une sexualité épanouie...


L’enjeu est aussi de maintenir ce «capital santé» dans le temps.

M.L
(1) Source : rapport sur l’incontinence urinaire remis au Ministère de la santé français en 2007

0 commentaires

Bienfaits du sport sur la santé des séniors

Tous les pays d’Europe sont concernés par l’allongement de la durée moyenne de la vie.

Mais comment accroître l’espérance de vie sans incapacité et en retardant l’entrée dans la dépendance ?

L’activité physique régulière, une prévention précoce, une alimentation saine, le maintien du lien social ... sont des conditions capitales pour bien vieillir.

... constat de la recherche

Une étude australienne, datant de janvier 2012, confirme qu’après 65 ans, les seniors pratiquant un sport présentent moins de risques de mourir prématurément que les autres (1).

Cette étude d’envergure, conduite auprès de 20 000 seniors, confirme les bienfaits de l’activité physique chez les plus de 65 ans.

Les chercheurs de l’université du Queensland ont effectué des analyses biologiques et des questionnaires réguliers sur 7 080 femmes de 70 à 75 ans et 11 668 hommes de 65 à 83 ans.

Ce groupe a été suivi pendant 11 ans.

La conclusion des auteurs est que : "les personnes âgées plus actives sur le plan physique ont connu un plus faible taux de mortalité que les autres, toutes causes confondues. La différence était davantage marquée chez les femmes."

Un constat déjà dressé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Selon elle, les plus de 65 ans restant actifs "ont des marqueurs biologiques indiquant une prévention plus grande des maladies cardio-vasculaires et du diabète de type 2, ainsi qu’un renforcement de la qualité des os.

Ils ont aussi une meilleure santé fonctionnelle, moins de risque de chuter et de meilleures fonctions cognitives »....

...zooms sur les risques de chutes

On estime entre 1,2 et 1,5 millions le nombre annuel de chutes chez les plus de 65 ans, en France.

La chute chez le sujet âgé serait à l’origine de près de 9 000 décès par an.

Les autres chutes peuvent générer un handicap fonctionnel, psychologique et social, entraînant la perte d’autonomie.

Continuer à pratiquer le renforcement musculaire des membres inférieurs

permet de maintenir, voire d'améliorer sa masse musculaire qui tend à diminuer en vieillissant. Cette fonte musculaire est souvent source de perte d’équilibre.

La pratique physique peut contrecarrer la fragilisation des os (ostéoporose) qui peut favoriser l’apparition de fractures lors de chute. (col du fémur par exemple).

L’exercice facilite la nutrition du cartilage articulaire, élément de prévention de l’arthrose et de gain de mobilité articulaire.

... autres bienfaits

Meilleure prise de conscience de son schéma corporel et postural.

Augmentation des stimulations sensorielles.

Sollicitation des habiletés motrices.

Travailler la souplesse permet des gestes plus efficaces et précis.

Le suivi des consignes, la capacité d’exécution des mouvements permet aussi d’augmenter le processus d’attention, de concentration et de vigilance.

Tous ces différents éléments ont aussi une incidence sur l’amélioration des capacités mnésiques.

Il faut rajouter à ce tableau une amélioration de la confiance et de l’estime de soi et un maintien du lien social et des échanges.

L’activité physique joue donc un rôle déterminant dans notre état de santé physique, mais aussi dans ses composantes psychologiques et sociales.

M.L

(1) British Journal of Sports Médecine, 4 janvier 2012, OMS site Destination Santé consulté le 21 mars 2012



1 commentaires